La réunion de rentrée racontée par la maîtresse …

Dans toutes les écoles, en début d’année scolaire, chaque enseignant organise une réunion de rentrée. Les parents sont invités en général dans la classe, et on leur explique l’organisation, l’emploi du temps, les projets…

C’est une réunion que nous avons l’obligation de faire, qui peut durer de 30 min à 3 h (pour les plus bavards^^).

La mienne a eu lieu cette semaine un soir à 18 h. J’adore mon métier, j’adore être avec les enfants mais je déteste cette réunion de rentrée ! 

Une vingtaine de parents assis face à moi, qui m’ont confié la prunelle de leurs yeux et qui donc attendent beaucoup de l’école, et de moi… Ça a de quoi fiche la trouille

Je note tout ce que je dis, je prépare bien mon texte. Ils arrivent, le stress monte (et oui, une instit ça peut être timide !). Tout le monde s’installe sur les mini-chaises de ma table (avec le menton qui touche les genoux) et c’est parti je me lance !

Merci à tous d’être venus ce soir. Je vais vous expliquer comment se passe une journée en petite section ainsi que tous les projets que je souhaite mettre en place cette année…

Je commence. Certains me regardent sévèrement, d’autres prennent des notes, les parents qui connaissent déjà l’école papotent entre eux, d’autres me sourient ou acquiescent (ce sont ceux que je regarde le plus, ça me met un peu plus à l’aise). 

Je parle de mon projet « ateliers cuisine en classe » en demandant la participation de certains parents pour nous aider. Zéro réaction.

Je parle du projet « prêt de livre » à la bibliothèque de la commune : aucune réaction.

Puis de mes ateliers Montessori (si ça vous intéresse je pourrais vous en reparler dans un prochain article), de la motricité, du travail littéraire, de l’art visuel, des ateliers mathématiques, du travail autour du prénom, des chants et comptines, de l’écoute musicale, de l’initiation à l’anglais…

45 min plus tard, j’ai fini mon laïus (je n’ai au final rien lu de ce que j’avais écrit) et demande:

Avez-vous des questions ? 

Quelques parents seulement en ont. Cette année j’ai eu :

Quelles sont les compétences à acquérir en petite section?

Ils sont obligés de vous demander pour aller aux toilettes?

Pouvez-vous nous donner sur clé USB l’air des chansons qu’ils apprennent?

A quelle heure commence la sieste?

Que faites-vous s’ils ne veulent pas faire la sieste (…Je les assomme…^^)

Mon fils de PS2 ne va pas s’ennuyer avec les PS1?

Pas de question idiote, je réponds à tout. Je suis tout de même surprise par la dernière question. Bien sûr que je ne laisse pas les enfants s’ennuyer, je différencie le travail en fonction de leur niveau. Certains parents voient en priorité le côté « scolaire » de l’école en oubliant parfois le plus important : en petite section, l’enfant va apprendre avant tout à vivre avec les autresse faire comprendre,  donner son avis, dire ses besoins, mais aussi devenir autonome dans le travail et dans les gestes du quotidien. Sans tout ça, il ne pourra pas accéder aux savoirs. 

Ne pas aller trop vite ni griller d’étapes. L’école maternelle c’est apprendre à être élève avant tout

Aux parents qui me lisent, ne mettez pas la pression à votre tout-petit ! N’oubliez pas qu’il lui reste encore un paquet d’années à l’école ! C’est important que sa première année se passe tranquillement et lui donne le goût de l’école. 

Bon voilà, ma réunion est finie. Je souffle. J’espère juste que les parents me feront confiance. 

Racontez-moi celle de votre enfant, s’est-elle bien passée ? 🙂

Ce corps détesté qui m’a donné le plus beau trésor …

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Comme je vous en avais parlé , j’ai beaucoup de mal à vivre en paix avec mon corps depuis toujours. Je suis en surpoids depuis bien longtemps et je me suis toujours trouvée moche car grosse. J’ai fait des régimes, je suis suivie par une très bonne diététicienne avec qui j’avance doucement. Mais au quotidien, c’est difficile de vivre sereinement quand on est complexée comme moi. 

Beaucoup de choses relèvent du défi. J’ai quelques exemples que seules les femmes complexées vont comprendre : 

  • se regarder dans la glace avec une espèce de boule au cœur, de nausées, tellement on se trouve laide
  • se demander pourquoi mon ami m’a choisie, et pourquoi il reste avec moi
  • être en réunion avec plein de personnes inconnues et attendre que les autres se lèvent pour partir (ne surtout pas se lever en premier, au risque d’être vue par tout le monde)
  • ne jamais sortir de la cabine d’essayage d’un magasin même pour montrer à la vendeuse ou aux amies
  • à la piscine, porter ma fille dans les bras pour qu’elle « me cache » un peu
  • détester me voir en photo, détester qu’on me prenne en photo
  • avoir envie de pleurer dans les cabines d’essayage des magasins
  • avoir honte de manger des choses grasses ou sucrées devant les gens (peur de ce qu’ils peuvent penser)

J’en ai des milliers d’exemples de ce type. Donc forcément, avec tous ces blocages, ma vie est loin d’être simple ! 

Malgré tout, depuis quelques années, j’ai appris à relativiser (un peu).

Ce corps que je déteste a quand même réussi à porter la vie. Je suis tombée enceinte rapidement, à ma grande surprise. Ma fille s’est développée parfaitement, est née en bonne santé quasiment à terme. Mon corps a bien tenu le choc de la grossesse. J’ai accouché rapidement, je n’ai pas beaucoup souffert. Mon corps a été efficace, opérationnel, utile. Moi qui pensais que ce serait compliqué, vu que je ne suis pas DU TOUT sportive, j’imaginais un accouchement long, des poussées inefficaces. Et bien non, il a été parfait pour une fois mon corps !

« Vous êtes faite pour accoucher » m’a dit la sage-femme après la naissance. 

Depuis, quand je ne peux plus me voir en peinture, je regarde mon ventre, je regarde ma fille. Je me dis que je n’ai (et n’aurai sûrement jamais) un corps parfait, mais qu’il m’a permis d’être maman.
De vivre ces moments magiques.

Et je suis fière de lui… 

Oui mon commandant ! 

Depuis quelques semaines, mon adorable petite fille douce et délicate s’est transformée en un dictateur sans coeur!

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Tout a commencé chez la nourrice avec sa copine de 1an qui commence tout juste à marcher et à toucher à tout. Notamment aux jouets. Et ça ne plait pas DU TOUT à ma pépette !

– Non ! Tu touch’pas!
– Non ! Va pas là!
– Non ! C’est pas ton jeu !
– Non ! Prend pas la tétine !

Et quand j’arrive le soir : « Non ! Va pas voir maman à moi ! »

Bon je vous rassure tout de suite, la petite en question n’est pas du genre à se laisser impressionner. Elle n’écoute absolument pas ma fille (heureusement) et lui envoie même quelques baffes pour lui montrer son désaccord.. (Oui il y a de l’ambiance certains jours chez la nourrice ^^).

A la maison, c’est : « Non ! Tu chantes pas maman ! » (Oh mais je l’aime bien moi cette chanson…!) ou dans la même lignée « Non ! Tu danses pas maman! » ou encore « Non, bisous PAS! Non câlin PAS! »…

J’ai aussi le droit dans la voiture, lorsque je lui mets la musique de Kendji (elle adore … moi beaucoup moins!) à « Maman! Chante ! Maman Danse! » … Euuuhh … Vraiment ? « Oui, allez maman ! »

Bien sûr on ne lui obéit pas : 2ans VS 32ans je suis gagnante ! Et on lui rappelle fréquemment qu’elle ne doit pas commander les gens. Je l’ai surprise en train de parler à ses poupées « C’est pas moi y comman, c’est Maman et Papa! ». 🙂

Malgré tout, je me suis posé la question : suis-je moi même trop autoritaire avec elle ? Ou son père ? Ou sa nourrice ?

Je ne pense pas que nous soyons très durs avec elle, je crois qu’elle est simplement dans sa phase du « terrible two » et qu’elle tente des choses pour voir comment on va réagir.

Pour l’instant, ce n’est pas alarmant, c’est même parfois drôle (je dis bien « parfois »).

Espérons juste que ça ne durera pas trop longtemps 😉

Et les vôtres ? Jouent-ils aux petits chefs également ?

 

Au même âge, différents niveaux de langage … 

17 septembre

Aujourd’hui je vous parler du langage. Le langage oral plus précisément.

Je suis enseignante comme vous le savez en petite section. Et je me suis très vite aperçue des disparités importantes dans le langage oral.  Ils ont en moyenne 3 ans et parlent très différemment :

  • Certains enfants sont très réservés et parlent donc peu. Attention, cela ne signifie pas qu’ils ne savent pas parler ou qu’ils possèdent peu de vocabulaire. C’est d’ailleurs souvent le contraire. Du jour au lendemain, certains se mettent à parler alors qu’ils étaient quasi-muets, avec une syntaxe impeccable ! Ce sont souvent des enfants perfectionnistes qui veulent être sûrs avant de se lancer.
  • Certains enfants parlent BEAUCOUP, voire TOUT LE TEMPS. Ils parlent vite, s’emballent, leurs propos partent dans tous les sens. Ils sont souvent émotifs et veulent nous dire plein de choses. Parfois ils bégaient tellement ils ont du mal à se contrôler. Ils sont souvent anxieux.
  • Certains enfants parlent bébé « moi a fait un ro dodo ! A bobo à tête ! ». Souvent on leur a parlé ainsi et ils reproduisent ce qu’ils entendent. Moi je pense que c’est très important de les reprendre quand ils ne prononcent pas correctement les mots ou que la syntaxe est franchement hasardeuse (sans trop en faire non plus, les pauvres^^). Car c’est en les reprenant qu’ils vont progresser. Il faut aussi leur parler « normalement » avec des mots simples mais pas « bébé » (« Tu as mal? » Plutôt que « tu as bobo? »)
  • Certains enfants parlent comme les adultes « Tu sais maitresse, moi je trouve que la politique c’est nul, ça ne sert à rien ». Bien évidemment à 3 ans c’est un peu tôt pour avoir ce genre d’avis 😉 Les enfants adorent « nous piquer » nos expressions ou nos façons de penser. Mais là encore, il faut faire super attention à ce qu’on dit (les murs les enfants ont des oreilles^^).
  • Certains enfants parlent mais on ne comprend rien. A trois ans, ça peut arriver, mais si ça traîne un peu trop, il peut être important de contrôler leur audition (de même pour les enfants qui parlent très fort).

Voilà ! Et ma fille, elle n’a que 2 ans. Elle fait partie des enfants assez bavards, surtout avec ses parents. Parfois on a du mal à comprendre car la prononciation est loin d’être impeccable et elle mange des parties de mots (« iento rivé = bientôt arrivé). Mais elle a beaucoup de vocabulaire et progresse tous les jours. A cet âge c’est impressionnant.

Et les vôtres ? De vraies pipelettes ou de grands timides ?

C’était ma participation aux rendez-vous hebdomadaires des Jeudis Education de Wonder Mômes.

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Si le  langage vous intéresse, je vous invite à lire les articles suivants :

Il y a deux ans, je la laissais chez une nourrice…

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26 Septembre 2013.

Mon bébé a 2 mois et demi. Elle est toute petite. Je commence tout juste à prendre mes marques en tant que maman que je dois retourner au travail. L’adaptation s’est relativement bien passée : elle mange peu, ne pleure pas et dort énormément.

Je n’oublierai jamais ce matin du 26 septembre. La nuit a été dure je n’ai quasiment pas dormi. Le réveil sonne, je suis épuisée, je me lève. Mon oreiller est littéralement trempé des larmes que je n’ai pas pu retenir de la nuit. « Je ne peux pas, je ne peux pas, c’est trop dur. »

C’est son papa qui l’emmènera, impossible pour moi de le faire.

7h30. Je prépare ses petites affaires dans son sac à langer tout neuf ainsi qu’un long mot pour la nourrice sur ses habitudes. « Je ne vais pas la laisser, je ne peux pas l’abandonner, elle a encore trop besoin de moi. »

7h45. Il est l’heure de la lever. J’entrouvre la porte de sa chambre, elle dort profondément. « Je vais la réveiller puis l’abandonner à une inconnue ». J’essuie mes larmes qui n’arrêtent pas de couler. Je voudrais lui expliquer mais aucun mot ne sort. Désormais elle passera 40 heures par semaine avec quelqu’un d’autre que moi sa maman, moi, la personne dont elle a le plus besoin.

8h. Son papa l’emmitoufle dans une grosse combinaison, lui met son petit bonnet et la met dans sa nacelle. Elle est réveillée et me regarde avec de grands yeux surpris, comme si elle ne comprenait pas. Je lui explique entre deux sanglots et leur demande de partir vite. C’est trop dur. Ils s’en vont.

Me voilà seule, je rassemble mes affaires, je suis complètement perdue, vide, comme si on m’avait arraché le cœur. Je prends mon sac et je quitte la maison. Je reprends le travail…

Pendant plus d’une semaine, j’ai pleuré toutes les nuits. J’étais et je suis encore persuadée qu’elle était trop petite pour être séparée de moi. Si c’était à refaire, je n’aurais pas pris la même décision. J’aurais pris un congé (quitte à manger des patates tous les jours). Mais au moins j’aurais profité d’elle à un moment de sa vie où elle avait tellement besoin de nous, ses parents.

Je sais qu’elle ne m’en veut pas. Mais moi je m’en veux terriblement et encore maintenant la souffrance est intacte…

Que c’est dur parfois d’être maman…